
La première ministre, Christine Fréchette, vient tout juste de mettre son grain de sel dans la protection de la langue française juste avant la fin de la présente session parlementaire. Elle ne veut plus que les élèves en formation professionnelle fréquentent des établissements anglophones.
Bien beau, mais, il conviendrait aussi de les empêcher de passer quelques semaines à Paris ou d’écouter des séries françaises de Paris-France. Parce que ce français-là n’a rien à voir avec le français utilisé au Québec.
Je viens de ‘’flusher’’ une série française humoristique, mais où les dialogues très serrés, en dialecte parisien, étaient à peine intelligibles. D’autant qu’on est dans le monde de l’éducation où tout n’est qu’abréviations, argotique ou carrément…de l’anglais.
Anglicismes
Pour nos amis français, le chic de l’heure passe par les anglicismes, particulièrement à Paris où, à mon premier voyage, j’avais appris que là-bas aussi, l’anglais prend beaucoup de place. Je trouve un « parking » dans un arrondissement passablement fréquenté. Je m’informe à un passant pour qu’il m’indique l’endroit ou je pourrais trouver une pharmacie. Il m’indique un « hardware » (quincaillerie). Parce qu’à Paris, une pharmacie se place au-dessus d’un lavabo d’une salle de bains. Quand on cherche un établissement qui vend des médicaments, il faut aller dans un « drugstore ».
Québec français
Ici au Québec, bien que chaque région ait son dialecte, on parle encore un français plus international, moins guindé et plus uniformisé. Malheureusement (et nos professeurs de français le savent), la langue originale évolue sous l’influence des tendances musicales et des innombrables réseaux sociaux majoritairement anglophones. L’intelligence artificielle impose le « deeplearning » en apprentissage profond et le « deepfake » en hypertrucage, de même que des dizaines d’autres expressions tirées du numérique. Sans compter une panoplie de néologismes qu’on retrouve dans le Petit Robert et le Larousse. En France, on roule dorénavant en pick-up, on se berce dans les rockingchair et les culturistes se rendent au fitness rencontrer leur coach. On visite le salon de beauté pour un lifting ou pour un brushing en écoutant de la musique en streaming.
Enseignement déroutant
Chez nous, au Québec, on cherche par tous les moyens d’intéresser la nouvelle génération à parler correctement le français. En 2001, on nous annonçait une grande réforme de la grammaire.
Si ma génération trouvait compliqué d’accorder le participe passé avec le verbe avoir ou le verbe être, aujourd’hui, peu d’entre nous pourraient répondre à la question d’examen des finissants au secondaire UN: Quelles sont les expressions possibles d’un GN (groupe de noms)? Les choix de réponses: CP, GADJI, AS,CADJ. Faque (accepté aussi dans le dictionnaire), à force de réviser nos règles du français, ce seront bientôt nos professeurs et nos aînés qui ne maîtriseront plus cette langue modernisée. C’est vrai pour ceux dont le français est la langue maternelle, imaginez pour ceux qui viennent d’ailleurs se chercher un job en suivant un cours en formation professionnelle.
(418) 546-2525
ckaj@ckaj.org