
Passionné, dédié à son métier, le sergent Hugues Beaulieu complète aujourd’hui mercredi sa dernière journée comme responsable des communications au sein de la Sûreté du Québec Saguenay-Lac-Saint-Jean – Côte-Nord. Le jeune quinquagénaire demeure toutefois en lien avec le monde policier, puisqu’il formera de nouveaux policiers en Techniques policières à Alma dès la prochaine session. Comment se sent-il à quelques heures de sa retraite officielle des forces de l’ordre?
« Je me sens fébrile, c'est vertigineux de prendre sa retraite, même si tout est planifié depuis longtemps. Laisser la vie policière derrière moi…même si je pense qu'un policier ne peut jamais totalement laisser la vie policière derrière lui. Parce qu'on va toujours avoir un regard un peu différent des événements, parce que nous on sait comment que ça se passe. Mais je quitte avec le sentiment du devoir accompli. Et je suis très heureux de ça ».
Hugues Beaulieu aura été à l’emploi de la Sûreté du Québec pendant 28 ans, et cumule au total 30 ans de service, en incluant tous les corps policiers au sein desquels « il a eu la chance d’œuvrer », ajoute-t-il en ces termes. Et ces trente années ont fait en sorte qu’il soit témoin de toutes sortes d’événements, certains plus tragiques que d’autres. « Ce sont aussi des événements négatifs ou plutôt tragiques, reliés avec la mort, qui ne sont pas évidents. Je me souviens de d'une petite fille que j'avais dû m'occuper, elle n’avait que 10 ans, et elle avait commis un geste volontaire…à peine 10 ans…Ça, ça m'avait vraiment traumatisé. J'étais arrivé à la maison, puis j'avais été chercher un de mes bébés, puis je m'étais consolé en la berçant ».
En mode papa et époux
Il insiste là-dessus : l’amour et l'ancrage qui le lient à sa famille, qui lui apportent cette stabilité, cet équilibre. « C'est comme ça que j'ai réussi à passer à travers ma carrière: avec une grosse stabilité au niveau de la famille. Mon épouse, mes trois filles. Quand j'arrivais à la maison, j'enlevais mon uniforme, puis je passais « en mode papa », en « mode époux ». Puis c'est comme ça que j'allais chercher mon équilibre. Mes enfants, souvent malgré eux - parce qu'elles ne s'en rendaient pas compte - mais quand j'arrivais parfois le matin, j'allais me chercher une de mes filles, n'importe laquelle, je la berçais, quand il était arrivé quelque chose de « rough » pendant la nuit ou pendant la journée. Tu sais André, sur 30 ans, il y en a tellement eu, des événements. Par contre, je regarde en arrière, ça passé en un clin d'œil. Puis tout ce qu’il en ressort, ça reste que c'est du positif quand même ».

Souci de vulgariser
Originaire d'Amos en Abitibi, le futur professeur espère aussi que son souci de vulgariser le métier de policier a porté fruit en étant aux communications. « J'ai eu une belle carrière, où j'ai pu aider les gens, et où j’ai eu la chance de grandir là-dedans, dans la société en tant que porte-parole. J'espère que j'ai apporté une bonne vulgarisation du travail policier. En fait, j'ai voulu rendre le travail policier (qui n’est pas toujours facile) digeste pour la population ».
L'humain d'abord, en famille comme au travail
L’homme est père de trois filles. Est-ce qu’au fil des ans l’idée qu’une de ses filles soit policière comme papa lui a effleuré l’esprit? « Pas du tout. De la façon qu'on a élevé nos enfants, mon épouse et moi c'est : « Prenez vos propres décisions. On est là pour vous guider ». Nos trois filles sont super intelligentes et autonomes. L'humain est très très important dans notre famille, parce que ma grande est professeur au primaire, alors que ma deuxième est policière, et que ma troisième est en psychologie à l'Université. Le côté humain est très présent, « s'occuper de l'autre ». Gabrielle est devenue policière par son choix. À la suite, je peux l'aiguiller puisque je suis moi-même policier. Personnellement, j'étais le premier policier dans tout l'arbre généalogique de mes ancêtres. Quand je suis devenu policier, il y a eu ensuite ma fille, puis le fils de mon frère, mon neveu. On a créé des monstres! », ajoute-t-il en éclatant de rire.

Patrouille père et fille
Papa Hugues Beaulieu a même eu l’occasion de faire deux patrouilles en compagnie de sa fille qui œuvre dans une autre ville, dans la MRC de la Vallée-du-Richelieu. « C'est une tradition à la Sûreté du Québec, puis dans la plupart des corps de police, quand un papa ou une maman a un enfant qui devient agent, c'est d'usage d'aller faire un tour de patrouille ensemble Ça change la conversation! » Mais tout comme le père, la fille possède cette capacité de décrocher entièrement en retirant son uniforme à la maison. « Quand on arrivait ensemble à la maison, elle aussi elle enlevait son uniforme, puis là c'était fini, on parlait pas vraiment de police à la maison! » Hugues Beaulieu ajoute qu’ils ont eu de belles conversations sur le métier en patrouillant, en partageant plein de choses, et que le tout a été super agréable.
Il s’investit
À peine en mode retraite, Hugues Beaulieu passe…en mode rameur! Il participera en tant que compétiteur à la compétition d’Alma en juillet « Je me suis fait recruter par mon collègue Danny Tremblay, qui est aussi policier, pour la chaloupe à rames. Je n'avais jamais embarqué dans l'embarcation comme ça. C'est pas facile. On va se le dire, c'est tout un sport et pour le moment, c'est ma passion jusqu'au 4 juillet. Mon énergie passe là-dessus. Sinon, moi je suis un cycliste, je viens de m'acheter justement un petit cadeau de retraite. Un beau vélo pour continuer avec mon épouse, parce qu’on fait tout ensemble ».
Hugues Beaulieu se définit comme un gars simple dans la vie. Malgré qu’il était officier de communications, il souligne qu’il ne se met pas au-devant de la scène dans la vie. « Je suis un gars simple, une personne plutôt réservée. Je m'occupe de mes petites affaires. Là, il faut que je construise un patio, fait que ça va être des choses comme ça que je ferai pendant l’été, puis je vais préparer mes cours pour être prêt à l'automne ».
Joueur de bingo
Sur une note plus légère, Hugues Beaulieu est un fervent du 92,5 les dimanches après-midis, notamment en raison du populaire bingo radio présenté en fin d’après-midi dès 16 heures. « Nous, on a commencé à jouer au bingo pendant la pandémie, quand on n’avait rien à faire. Je ne me souviens pas qui est arrivé avec l'idée, mais on s'est trouvé des cartes de bingo, puis on a commencé à jouer. Et maintenant, je te confirme qu’il faudrait vraiement qu'il y ait de quoi de force majeure pour nous sortir de la maison à 4h le dimanche…même que maintenant on joue sur le bord de la piscine! On joue à tous les dimanches, c'est super drôle! Avec ma belle-mère, avec ma fille qui monte avec ma petite-fille, puis là on s'installe une table, puis on joue au bingo ». Et le policier conclut an ajoutant que sa gang et lui ont gagné à quelques reprises, alors que d’autres attendent encore!
N.D.L.R. Le 92,5 Ma radio d’Ici, ses animateurs et ses journalistes souhaitent un bon succès à Hugues Beaulieu dans sa nouvelle vie, et le remerciant pour son professionnalisme. Merci surtout pour le fait d’avoir rendu la compréhension du travail policier si accessible, pour les auditeurs et pour l’équipe de la station. Mission accomplie, sergent Beaulieu. Merci Hugues.
(418) 546-2525
ckaj@ckaj.org