
Une décision du bureau du Registraire des Indiens du Canada a mis le feu aux poudres ce jeudi : 723 personnes, tous descendants de deux femmes, perdent leur statut d’Indien. Majoritairement sur la communauté innue d’Essipit sur la Côte-Nord, une partie de ces citoyens demeurent toutefois au Saguenay-Lac-Saint-Jean.
Le Quotidien souligne que les personnes touchées par ce retrait de statut descendent toutes de Christine Kichera et d’Adelaïde Matshiragan, deux femmes qui ont vécu entre la fin du 18e siècle et le début du 19e siècle. Selon le bureau du Registraire des Indiens, ces dames, mentionnées dans le Catalogue général des gens Montagnais 1795 ne peuvent avoir le statut d’indienne, car la loi entourant le statut, soit l’Acte pour mieux protéger les terres et les propriétés des Sauvages dans le Bas-Canada, n’a été créé qu’en 1850. Par conséquent, toute la descendance de ces aïeules se retrouvent pénalisée par ce rebrassage juridique.
Ces 723 personnes, dont 297 habitent le Saguenay-Lac-Saint-Jean, contestent toutefois la décision du bureau devant la Cour fédérale. Selon l’avocate du cabinet Juristes Power, qui représente les citoyens touchés par le changement de Statut, Me Audrey Mayrand, l’organisation va déposer d’ici peu une protestation officielle auprès du Registraire des Indiens du Canada.
Mentionnons que la plus récente affaire similaire, l’Affaire Landry, qui s’était déroulée dans la communauté abénakise de Wôlinak, s’était conclue après 11 ans, ce qui fait peur à l’avocate responsable du présent dossier. Elle craint que le gouvernement fédéral pose déjà des gestes qui risquent d’étirer les délais en Cour fédérale pour permettre aux personnes de conserver les droits, qui découlent de l’inscription au Registre des Indiens du Canada.
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