
La plupart des films et des reportages, qui traitent de l’exploitation sexuelle des enfants, nous donnent l’impression que ce commerce illicite se passe dans les pays d’Asie ou d’Europe de l’Est. Or, la réalité nous apprend que même le Québec s’avère un terreau fertile pour ce type de trafic dégradant et dénaturé.
En fin de semaine dernière, la Sûreté du Québec nous apprenait que l’Équipe intégrée de lutte contre la pornographie juvénile a arrêté, au Québec, 23 hommes âgés entre 26 et 73 ans, accusés de possession, de distribution et d’accession de fichiers de matériel d’abus et d’exploitation pédosexuelle. Pas moins de 160 policiers de Montréal, de Québec, de Longueuil et de Gatineau ont participé à l’opération, menant à la saisie de quatre millions de fichiers contenant du matériel destiné à la distribution sur les réseaux sociaux.
À Jonquière
Comme on l’apprenait récemment, la région n’est pas en reste au chapitre de ce commerce illicite. Un individu de Jonquière, un père de famille de 36 ans, fait face aujourd’hui à plus de 11 chefs d’accusations relatives au voyeurisme et à l’exploitation sexuelle d’enfants.
Un voisin de ce délinquant, homme d’affaires de Jonquière , habitant aussi ce quartier reconnu bien tranquille, a été témoin, bien malgré lui, des allées et venues inhabituelles de patrouilles policières près de chez lui au printemps 2025. Près d’un an plus tard, il reçoit la visite de sa voisine, qu’il ne connaît pas plus que son mari, qui vient lui confirmer l’horrible nouvelle.
Épouse inconsolable
Surpris de cette visite impromptue, le voisin et sa conjointe apprennent qu’elle met sa maison à vendre pour oublier ce terrible drame qu’elle n’a jamais vu venir.
Personne dans le quartier n’aurait pu se douter que le père de famille de trois beaux enfants, appréciés de leurs amis et du voisinage, ait pu commettre ces actes de perversion. La femme affligée et complètement dévastée ne s’est jamais doutée de rien tout comme son voisin, dont la maison n’est séparée que par une rangée d’arbres.
Technicien informatique
L’accusé a témoigné devant le juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec, en février dernier. L’avocate du Bureau des poursuites criminelles, Me Nicole Ouellet, a expliqué à la Cour que les accusations découlent d’une perquisition menée au domicile de l’individu au printemps 2025. Il aurait été dénoncé par une firme américaine de navigation web.
L’accusé travaille dans le domaine informatique et son ordinateur (comme son cellulaire) contenaient pas moins de 75 000 fichiers de pornographie juvénile.
Exploitation généralisée
Rien pour diminuer la portée scandaleuse de cette histoire, une des accusations indique que certaines images seraient celles de ses propres enfants, de sa femme, d’une gardienne et d’une collègue de travail.
Cette délinquance n’est pas limitée qu’au reste du monde et les déviants sexuels ne peuvent malheureusement être freinés que par la coercition. Les conséquences de leurs actes vont bien au-delà de leurs proches et se feront sentir bien plus longtemps que la peine de prison dont sera affligé le délinquant.
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