
Le Saguenay-Lac-Saint-Jean ne fait jamais les choses à moitié. Deux députés, plutôt effacés, l’un sur la scène provinciale et l’autre au gouvernement fédéral, annoncent leur démission coup sur coup, la même semaine, en pleine canicule.
Si la défection imminente de François Tremblay de la CAQ, au Québec, ne faisait aucun doute, personne ne soupçonnait que les libéraux fédéraux choisiraient le Conservateur Richard Martel pour renflouer le vénérable Sénat. Il faut creuser pour comprendre les dessous de cette décision. Le premier ministre Libéral coupe l’herbe sous le pied des Conservateurs en les privant d’un autre député à la Chambre des communes, amplifiant du coup la majorité des Libéraux.
Un long cheminement
D’abord projeté dans l’actualité pour ses succès derrière le banc de plusieurs équipes de la LHJMQ (dont celle des Saguenéens de Chicoutimi), Richard Martel passe plus tard par la Suède avec le Visby Roma Hockey, puis par la France avec les Brûleurs de Loups de Grenoble où il subit un premier congédiement, après une décision controversée: un incident commis en éliminatoires où il aurait demandé à l’un de ses joueurs de blesser délibérément le gardien adverse. Ses propres joueurs lui auraient bloqué l’entrée au vestiaire, ce que le coloré entraîneur a toujours vigoureusement nié.
Après une pause de quelques mois, il accepte de passer derrière le banc des Marquis de Jonquière, pour les mener en finale de la Ligue nord-américaine de hockey (LNAH). Après cette saison bien remplie, la ligue lui propose d’occuper le poste de commissaire qu’il accepte.
Entrée en politique
Au cours de la campagne électorale municipale de 2017, alors que le Parti des Citoyens cherchait un successeur au maire démissionnaire Jean Tremblay, le nom de Richard Martel apparaît pour la première fois dans la sphère politique. Il choisit plutôt de prendre un peu de recul à propos de son avenir.
Quelques mois plus tard, à la suite de la démission du député fédéral libéral Denis Lemieux, il décide de sauter dans l’arène politique. Il porte les couleurs du parti Conservateur du Canada à l’élection partielle de 2018, dans la circonscription Chicoutimi-Le Fjord, où il l’emporte avec plus de 50% des voix.
Il sera réélu en 2021 malgré la piètre performance des conservateurs au Québec. Puis en 2025, alors qu’il semblait se diriger vers la sortie, il obtient une fois de plus la victoire après une campagne où certains sondages donnaient son adversaire bloquiste Marc-Saint-Hilaire gagnant.
Courtisé par les libéraux
Plus récemment, Martel est courtisé sans succès par les libéraux pour traverser la Chambre des communes. Le premier ministreMarc Carney ne lâche pas le morceau, en lui offrant un des sept postes libres à la Chambre haute. Le PM du Canada fait d’une pierre deux coups : il atteste de l’accessibilité du Sénat à toutes les classes de la société et consolide la majorité de son parti.
Richard Martel se trouve au bon moment au bon endroit. Il passera à l’histoire pour être devenu le troisième sénateur issu de la région, après Léonce Mercier de Chicoutimi-Nord et Aurélien Gill de Mashteuiatsh. Comme quoi le hockey peut nous mener loin.
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