
Une réponse du premier ministre fédéral, Mark Carney, concernant la clarté référendaire, a fait ombrage à l’annonce d’une entente entre le Canada et l’Allemagne pour l’achat annuel de gaz naturel liquéfié (GNL). Il n’y a pas qu’à Baie-Comeau qu’on a copié le projet de GNL du Saguenay. Tandis que chez nous l’idée d’établir une usine de liquéfaction du gaz naturel s’efface devant des politiciens faiblards, obnubilés par les discours apocalyptiques des écologistes, la Colombie-Britannique saute par une fenêtre d’opportunité géopolitique pour planifier la construction d’une usine de liquéfaction, la même qu’on rêvait de voir s’établir à Grande-Anse.
La visite de Mark Carney à Berlin, en 2025, dans le but de diversifier les partenaires économiques du Canada a porté ses fruits. Afin de répondre à la guerre économique du président Trump, le Canada pourra désormais compter sur des partenaires commerciaux hors continent.
Contrat de 20 ans
Le ministre fédéral des Ressources naturelles, Tim Hodgson, qui a déjà visité Grande-Anse, le confirmait récemment. La SEFE (Securing Energy for Europe), une entreprise énergétique allemande, achètera un million de tonnes par année de GNL à la Colombie-Britannique, livré à partir de son port méthanier donnant sur l’océan Pacifique. La livraison devrait débuter en 2030. Si GNL Saguenay avait obtenu le feu vert en 2021, on livrerait déjà aujourd’hui du gaz naturel liquéfié en Europe, par un chemin beaucoup plus court, sur l’Atlantique.
L’Allemagne, comme plusieurs pays d’Europe, ne veut plus être dépendant de la Russie. Grande-Anse offrait une solution incontestable. La ville de Saguenay engrangeait de 20 à 30 millions $ en taxes annuellement, stimulant l’économie régionale et celle de tout le pays.
GNL toujours vivant
En toute discrétion, Marinvest Énergy garde toujours dans ses cartons son projet de terminal maritime près de Baie-Comeau. Même si Mark Carney n’a jamais voulu confirmer que son plan de transition énergétique comprenait aussi un projet de GNL au Québec, il a admis que des projets sont en développement dans l’Est du pays aussi. Au Québec, il faut cacher ce projet qu’on ne saurait voir.
Il va de soi que l’entente entre l’Allemagne et la Colombie-Britannique représente une forte valeur symbolique et ouvre la voie à d’autres ententes du même type.
La distance? Pas un problème
Contourner tout le continent pour répondre à la demande européenne semble ambitieux, mais les échanges internationaux ont la réponse à ces entraves. Le « swapping » pratiqué entre pays: le Canada, plus près des pays asiatiques, à l’ouest par l’océan Pacifique, peut livrer du pétrole américain au Japon et en Chine. En contrepartie, les EU transportent du GNL vers l’Europe du côté Est, sur l’Atlantique.
L’énergie électrique produite par les combustibles fossiles ne s’effacera jamais complètement. L’électrification des transports tarde à se déployer, son évolution ne cesse de se buter à de nouvelles embûches. Plus important encore: l’environnement y gagne en ce que le GNL remplace le charbon, principale énergie fossile responsable des gaz à effet de serre.
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