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Jour J pour l’ex-mairesse Julie Dufour

André Deschênes
13 mai, 2026
L'ex-mairesse Julie Dufour, en compagnie de son avocat, Me Charles Levasseur, pendant la pause de l'audience mercredi matin. (Photo A Deschênes)

C’est ce mercredi qu'est entendue en Cour supérieure la procédure d’appel de l’ex-mairesse Julie Dufour, reconnue coupable en août 2025 de manœuvre électorale frauduleuse. L'audience se déroule devant l'honorable juge Maxime Dufour.

On se rappellera que l’ex-mairesse de Saguenay avait fait face à trois chefs d’accusation en semblable matière lors de son procès. Elle a finalement été reconnue coupable sur celui où elle aurait offert à l’ex-candidat à la mairie Serge Simard de se retirer de la course à la mairie en 2021, en échange de considérations futures, ce qui est illégal au sens de la loi électorale. Mme Dufour est toujours représentée dans la suite des procédures par Me Charles Levasseur.

Le juge Maxime Dufour a prévenu dès le départ les deux parties en présence mercredi matin que selon lui, une heure de plaidoirie, de part et d'autre, serait suffisante pour faire valoir leur point de vue. D’entrée de jeu, l'avocat parle d’un verdict de culpabilité déraisonnable, comportant des erreurs de droit, qui ont eu un impact significatif pour sa cliente. Me Levasseur ajoute que l’ensemble de la preuve présentée par le Directeur général des Élections (DGEQ) n’était pas juste, et que l’ensemble de la décision s’appuie sur la seule version déposée par le témoin de la poursuite Serge Simard.

Me Levasseur a aussi rappelé le fait que le politicien a attendu deux ans avant de dénoncer ce qu'il estimait être une situation de corruption. Et surtout le fait qu’il se soit manifesté dans un contexte médiatique, suite à une version livrée par l'ex-conseiller Jean-Marc Crevier, qui sous-entendait lui aussi avoir reçu, comme M. Simard, une offre similaire de Mme Dufour.

Contradictions et travail des avocates

Me Levasseur s'en est aussi pris aux contradictions apparues lors des versions livrées par le témoin Francyne T. Gobeil aux enquêteurs, et sur la crédibilité qu'il fallait leur accorder. Le juriste s'est aussi attaqué, pendant sa plaidoirie, au questionnement des avocates du DGEQ, Me Laurie Mongrain et Natacha Dupuis-Carrier, qui trouvaient, selon lui, qu'il n'a pas interrogé assez longuement le témoin Serge Simard. Me Levasseur précise alors "qu'on ne pose pas des questions uniquement pour le plaisir de poser des questions". Il rappelle aussi que sa cliente n'a pas témoigné parce que ses affidavits avaient été déposés, et aussi parce que selon lui elle ne faisait pas face à des faits graves inculpatoires graves et solides.

Plaidoirie du DGEQ

En plaidoirie au nom du DGEQ, Me Laurie Mongrain amène que les déclarations médiatiques faites par Serge Simard étaient tout à fait recevables. Qui plus est, le juge de première instance, Louis Duguay, a cru la version de M. Simard, comme étant crédible, et qu’il n’y avait aucune contradiction importante. Le Tribunal n’entretenait donc aucun doute sur la version du plaignant Serge Simard. Il ne fait aucun doute dans l’esprit de Me Mongrain que le fait que les deux autres plaintes ayant été rejetées, celles de Jean-Marc Crevier et de Jacinthe Vaillancourt, démontre que le juge Duguay sait appliquer le Droit, donc qu’il n’a pas erré dans aucune des trois plaintes. « Le procès a été juste et équitable », a mentionné Me Mongrain.

L’autre avocate du DGEQ, Me Natacha Dupuis-Carrier, revient pour sa part sur les déclarations de Francyne T. Gobeil. Elle souligne qu’il n’y a pas eu de débat à ce sujet et que ce que Mme T. Gobeil a livré a été accepté en élément de preuve. Il n’y a pas eu de « fabrication ».

L’avocate ajoute que le fait que Serge Simard ne se souvenait pas de la date exacte de sa rencontre avec Julie Dufour – rencontre pendant laquelle elle lui aurait fait l’offre – n’était pas un élément essentiel. Ce qui importait, c’est qu’il se rappelait avoir reçu l’appel de cette invitation à la rencontre avec Julie Dufour, et qu’il était certain s’être rendu une seule et unique fois au domicile de l’ex-mairesse, décrivant même avoir eu de la difficulté. « Serge Simard n’a jamais été en contradiction dans ses déclarations et son témoignage. Il n’a ajouté aucun détail », mentionne-t-elle.

Rappel des frais

Rappelons qu'en lien avec cette procédure d'appel, Julie Dufour a aussi mentionné qu’elle paierait elle-même les frais judiciaires dans cette étape. Mais qu’elle gagne ou perde, sa procédure avait aussi fait dire au nouveau Comité Exécutif de Saguenay qu’il était dorénavant hors de question que la ville de Saguenay “paie une cenne de plus” pour les dépenses encourues par Mme Dufour à ce chapitre. 

Plus de détails sur l'audience seront livrés ultérieurement

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