
L’heure choisie à laquelle se tiennent les séances de conseils d’arrondissements (et aussi celles des consultations publiques de la ville) a carrément rebondi au visage des élus baieriverains mardi, alors que la présidente du comité Patrimoine Saint-Édouard, Vanessa Gomes, a ramené sur le tapis ce qu’elle considère comme une incohérence.
Celle de tenir une assemblée d’élus à une heure peu ou pas accessible pour la majorité des contribuables, alors qu'un sujet aussi important que l’érection d’un projet d’immeuble à sept étages, nuisant à la vue de plusieurs, occupait la une de l’ordre du jour de la séance du conseil d’arrondissement.
« Les heures du conseil d’arrondissement et du conseil de ville à midi, ça n’a aucun sens. Aucun sens. Heureusement je ne travaille pas aujourd’hui, normalement j’aurais dû prendre une demi-journée pour pouvoir venir. C’est pas ça, la participation citoyenne. Je pense que pour la participation citoyenne, va vraiment falloir revoir ça, parce que midi, ça n’a aucun sens. Je comprends votre décision, vous dites que plusieurs personnes étaient pour le projet, mais…ça me surprend…avec quelles informations? Parce que même nous, on n’en a pas eu (des informations) », de dire Mme Gomes.
La question se pose depuis un bon bout de temps. Cherche-t-on à réduire de beaucoup la présence citoyenne aux séances, facilitant ainsi plus facilement l’adoption de certains règlements et dérogations? On se rappelle que les séances des trois conseils d’arrondissements ont été ramenées à midi, suivant la volonté du maire Luc Boivin.
Mais…questionné sur le sujet, à savoir si de déplacer certaines séances (pas nécessairement toutes) d’arrondissement en soirée à 19 heures est possible, surtout quand on sait du côté des élus qu’un ou plusieurs sujets chauds susceptibles “d’attirer du monde à la messe” figurent à l’ordre du jour, le président d’arrondissement Raynald Simard a répondu à cette possibilité, voulant peut-être épargner aux fonctionnaires de la ville de travailler en soirée. « Quand on fait des séances, on a la présence du greffier, on a la présence d’un urbaniste…c’est une autre problématique: ces gens-là vont-ils vouloir se mettre disponibles pour venir aux séances présentées à 19 heures? C’est pas aussi simple…. »
C'est peut-être plus simple que vous ne le pensez, M. Simard. Il n'y a pas si longtemps, les séances du grand conseil (et des conseils d'arrondissements) étaient à 19 heures. En le sachant d'avance, on peut imaginer que comme les journalistes, on peut ajuster l'horaire des fonctionnaires en conséquence, non?
Médias au dos large?
« Uniformiser les séances à midi fait partie de la volonté du maire et de celle du conseil de ville, qui souhaitaient s’assurer de la présence du plus grand nombre de médias possible », de poursuivre M. Simard. « C’est la raison première qui nous a été présentée. Je ne pense pas que les médias soient en surplus de personnel ». Bien que l'inquiétude sur notre quantité de membres dans les salles de presse soit louable (surtout avec le contexte de compressions actuelles), quand un sujet chaud fait partie de l'ordre du jour, les médias s'organisent (dans la mesure du possible) pour y être encore plus, en soirée, où on aurait peut-être davantage de citoyens qui y seraient pour s'exprimer. Et pour les médias, avoir plein de citoyens qui s'expriment, c'est du bonbon. Autre fait: avec la magie du web, même si la présence physique des journalistes n'est pas constatée, ça ne veut pas dire forcément qu'il n'y a pas de couverture journalistique lors des séances.
Consultations publiques
De même en va-t-il pour les fameuses consultations publiques à 15h30... n’y aurait-il pas lieu de les programmer aussi en soirée, question de permettre au maximum de citoyens d’y participer, au lieu qu'ils aient à prendre congé de leur travail pour y être? « On en a discuté mardi en fin de séance. Si c’est à revoir, on pourra réexaminer le tout avec l’ensemble du conseil. On pourrait aussi tenir une séance d’informations sur un projet donné un ou deux jours avant la séance d’informations publique. Il y a aussi le fait qu’une séance de consultation publique, faut que ce soit filmé. Ça pourrait être tenu dans une salle où les gens pourraient venir se documenter ».
Rôle à jouer
En résumé, laissons de côté le souci de plaire aux médias. Ou aux fonctionnaires. Ajustez simplement vos heures de séances selon la disponibilité citoyenne, surtout quand un sujet chaud se pointe. On s'ajustera à votre horaire. Parce qu'autrement, les citoyens (qui sont en quelque sorte les patrons des élus qu'ils choisissent aux quatre ans) continueront sans cesse de sous-entendre que non seulement on veut limiter leur présence lors des réunions à midi ou 15h30, mais qu'on ne veut pas les entendre. Et surtout: les contribuables travailleurs n'ont pas à prendre congé pour pouvoir assister aux séances, devenues difficilement fréquentables pour eux, et même un luxe lorsqu'ils veulent y assister à leurs frais.
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