
Dans cette édition du Lac-St-Jean, nous vous proposons à nouveau une entrevue avec une personnalité pour en savoir davantage sur son parcours. Cette semaine, nous avons rencontré l’ancien journaliste et animateur Errol Duchaine, qui est revenu s’installer dans sa ville natale d’Alma en 2020 après plus d’une cinquantaine d’années à Québec et Montréal. Alors qu’il s’apprête à célébrer ses 75 ans, Errol Duchaine a accepté de répondre à nos questions.
Vous avez notamment animé durant 11 ans l’émission La Semaine verte diffusée à l’antenne de Radio-Canada, mais revenons d’abord sur vos racines. Parlez-nous d’abord de votre enfance.
Je suis né dans le quartier Naudville. Mon père avait perdu ses deux premières femmes et avait déjà 4 enfants quand il a marié ma mère et elle en a eu 4 autres. Mon père a travaillé pendant plus de 40 ans à l’usine Price. À l’époque, on disait que ma mère était une ménagère au foyer, mais ce n’était pas aussi vrai que ça. Alors que j’avais 12 ans, je me souviens qu’elle avait dit à mon père qu’elle voulait sortir et faire quelque chose. Mon père était de la génération des hommes ''fiers'' qui disaient non. Il lui a dit qu’elle n’irait pas travailler parce qu’il était capable de la faire vivre. Ma mère a dit que c’était parfait et qu’elle ferait du bénévolat. Elle en a presque fait une carrière. Elle en a fait durant 30 ans, principalement auprès des personnes âgées. Elle a aussi dirigé une chorale et a fait plein de choses. Son rêve aurait été d’être journaliste et le rêve de mon père d’être agriculteur. Quand je suis devenu animateur comme journaliste dans une émission à caractère agricole, je me suis dit que j’avais l’impression de réaliser leurs rêves!
Après vos études primaires et secondaires, vous êtes parti vers Québec pour étudier à l’université Laval en anthropologie et en histoire de l’art. C’est loin du journalisme, non?
Oui, mais pendant que j’étudiais à l’université, je travaillais en même temps comme placier au Grand théâtre de Québec. Le patron d’un petit hebdo à Lévis me contacte, me disant qu’il n’avait pas d’argent pour me payer, mais qu’il voulait que j’écrive des articles sur les spectacles que je voyais quand je travaillais. C’était mon premier emploi comme étudiant à 20 ans. Ce journal s’appelait Le lien et ma première entrevue a été avec le chanteur Adamo.
Après vos études universitaires, vous êtes devenu enseignant en histoire et géographie dans un collège privé à Québec. Quatre ans plus tard, vous avez pris la direction de Montréal pour compléter un Bac en communication à l’UQAM. Avez-vous commencé par travailler à la télévision?
Avant La semaine verte, j’ai commencé à l’écrit. J’ai été pigiste durant 5 ans. Je suis allé à Télé-Québec par la suite pendant une dizaine d’années comme recherchiste et journaliste. Je suis ensuite rentré à Radio-Canada à l’émission Enjeux. C’était une émission d’enquête sur des sujets à caractère sociaux principalement. C’est durant cette période que j’ai fait « Les Bébés Martyrs », un reportage qui a gagné le Prix Judith-Jasmin. Après 5 ans, j’étais fatigué de la misère que je décrivais et obtenu un poste à La semaine verte. Il y avait une composante environnementale dans cette émission un peu avant l’heure et j’ai adoré cet univers!
Dès votre retour à Alma, vous vous êtes impliqué dans la communauté. Vous avez été attaché de presse de Sylvie Beaumont durant la dernière campagne électorale et vous êtes bénévole sur le conseil d’administration d’Équijustice Lac-Saint-Jean à Alma. Vous œuvrez également au sein de la FADOQ et pour le Centre québécois de développement durable. Pourquoi être aussi actif, même à la retraite?
J’ai toujours été passionné par mon travail et encore aujourd’hui, j’ai tout le temps besoin de stimuli intellectuels. J’ai peur d’arrêter de travailler, que mon cerveau ramollisse. J’ai besoin de relations sociales et d’une vie intellectuelle riche. Et j’ai trouvé à Alma ce que je ne pensais pas trouver : la facilité de la vie sociable et les contacts avec les gens. C’était vrai avant, mais j’avais perdu de vue à quel point c’est cool et simple. C’est pour ça que maintenant que j’y suis, j’y reste. Je me sens utile.
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