
La récente explosion d’amour des partisans des Saguenéens de la Ligue de hockey junior Maritimes Québec (LHJMQ) a procuré l’énergie nécessaire à la troupe de Yanick Jean pour la propulser vers le tournoi de la coupe Memorial. Cette démonstration d’appuis massifs confirme l’appétit de la population pour les activités de masse pour extérioriser notre fierté régionale. Mais le vieil amphithéâtre de la rue Bégin ne répond plus aux besoins d’une ville moderne.
Inauguré en 1949, cet édifice est le plus vieux de la LHJMQ avec celui de Val d’Or, un autre immeuble archaïque construit sur le même modèle.
À Saguenay, quand le centre Vézina affiche complet, les services aux citoyens montrent beaucoup de déficiences.
Beaucoup de frustration
Les 3 759 bancs remplis et un millier de spectateurs debout créent de longues files d’attente, autant pour les services de restauration que pour ceux des toilettes. Ces empilades créent de la frustration et des questionnements. Pourquoi une ville comme Saguenay ne possède-t-elle pas un centre sportif centralisateur digne de l’ère moderne?
Une question d’argent? Pas exclusivement.
Quand on se penche sur l’histoire de la construction du centre Vidéotron de Québec, on comprend que la clef de la réussite d’un projet d’envergure, peu importe le contexte, repose sur le leadership d’un individu et surtout, sur l’appui généralisé de la population. Avec le soutien de la base et la fierté collective, rien n’est impossible (on l’a vu pour la route à quatre voies divisées dans la réserve faunique des Laurentides que tout le reste du Québec nous envie).
Une idée folle
Le centre Vidéotron a coûté 370 millions $, 30 de moins que le prix estimé au début du projet. Jean Charest, alors premier ministre du Québec, a consenti 200 M$ et la ville 100 millions $, 70 millions venant de la population. Le déclic de ce succès réside dans une idée folle : Mario Bédard, trésorier des Fêtes du 400e et son projet « J’ai ma place ». Il s’agissait de vendre les sièges du vieux Colisée de Québec pour ramasser 50 M$.
Bien plus que de l’argent, l’opération obtient alors un large appui du public. Quand tu gagnes la base, tu obtiens le poids politique qui vient avec.
Saguenay divisée
À Saguenay, on réclame un décret. Je n’ai aucune idée d’où vient cette fausse perception, d’un besoin de décret. L’argent n’arrive pas par décret, il provient d’un programme. Pour Québec, on a décrété la loi 204, non pas pour obtenir les 200 M$, mais pour mettre l’entente avec Vidéotron à l’abri des poursuites judiciaires. La Cour Suprême a validé cette décision de la ville.
À Saguenay, il n’y a pas que l’argent qui fait défaut. Le véritable blocage vient de la division au sein même de sa population. L’esprit de clocher persiste et freine toute velléité de développement. Dans les arrondissements, dès qu’on apprend qu’un projet s’en vient, un soulèvement s’ensuit.
Chez nous, on semble inapte à considérer ce projet d’amphithéâtre comme un élément rassembleur. On ne peut concevoir qu’il puisse servir plus que les intérêts d’une ville, mais de ceux de toute une région; qu’il ouvre la voie à la culture et aux sports sans que Saguenéens et Jeannois aient à se tourner vers les grands centres.
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