
Fier natif de Saint-David-de-Falardeau, ex-professeur de grec à Chicoutimi et ayant fait ses débuts comme reporter au Quotidien, après plus de 50 ans de carrière, Réjean Tremblay, un monument du journalisme sportif au Québec, replonge dans ses souvenirs avec son nouveau livre, Avant que j’oublie, qui vient de paraître aux Éditions La Presse.

En entrevue avec Trium Médias, Réjean Tremblay revient sur sa longue carrière qui l’a mené des faits divers au journal La Presse, puis rapidement aux pages sportives, couvrant le Canadien de Montréal, de nombreux Jeux olympiques, la Formule Un, la boxe, en passant par la télévision et la création de Lance et compte, un méga succès populaire. À 82 ans, le journaliste et scénariste a choisi de coucher sur papier ce qu’il refuse de qualifier une autobiographie traditionnelle.
« Non, ce n’est pas une biographie. C’est un recueil des histoires derrière les histoires », explique-t-il, en entrevue téléphonique. Publié le 16 septembre, Avant que j’oublie compte 416 pages. Le livre revient sur plusieurs moments marquants de la vie professionnelle de Tremblay, mais surtout sur ce qui se passait derrière les reportages, les rencontres et les événements qui ont marqué son parcours. Guy Lafleur trouve une place de choix, un homme fier, qui, selon Réjean Tremblay, a été très mal traité par la direction du CH. Il confiera à Tremblay qu’il espère que les gens retiendront de lui qu’il a tout donné, dans le sport comme dans la vie. « Guy Lafleur, comme personne, je l’ai profondément aimé ».
La carrière du pilote Gilles Villeneuve, Mohamed Ali, les Nordiques, le Canadien, les Olympiques et même des felquistes exilés à Paris font partie des nombreuses histoires racontées par l’auteur.
Une mémoire à préserver… et à transmettre
Le titre du livre n’a rien d’anodin. Tremblay a expliqué que la mémoire occupe une place particulièrement importante dans sa vie. Il raconte notamment avoir subi une petite intervention chirurgicale en août et que sa principale inquiétude avant l’opération concernait justement sa mémoire. « En vieillissant, tu perds des facultés, de la vitesse, de la force, de l’énergie. Mais si tu gardes ta mémoire, tu ne perds rien de ta vie. Tu peux tout revivre » dit-il.
Mais pourquoi écrire maintenant, à 82 ans ? « Un jour, le fils de ma conjointe a demandé pourquoi tout ça ? À quoi ça rime ? Bref la question portait sur le but de la vie, rien que ça… J’ai pris des jours pour répondre correctement, pour réfléchir, pour ne pas lui dire n’importe quoi. La meilleure réponse que j’ai trouvée, c’est que, c’est pour transmettre. Pour léguer nos connaissances. C’est comme ça depuis de l’Homme des cavernes, comme ça qu’on a évolué » déclare le journaliste.
Le petit gars de Falardeau
Derrière le journaliste qui a côtoyé les grandes vedettes, couvert des événements internationaux, se trouve toujours le garçon originaire de Falardeau. Il cite l’époque où sa famille vivait sans électricité. « On n’avait pas l’électricité. On a eu l’électricité quand j’ai eu à peu près quatre ans », raconte-t-il, évoquant également le gramophone que possédait son père.
Il raconte aussi ses relations avec les autres collègues du Saguenay, notamment Bertrand Raymond du Journal de Montréal et Yvon Pedneault du Montréal Matin, qui couvraient aussi le Canadien. « Il y avait de l’entraide autant que de la compétition entre nous pour avoir la meilleure histoire », décrit Réjean Tremblay, qui regrette le froid perdurant entre lui et un autre Bleuet, Mario Tremblay. L’ex-numéro 14 du Canadien ne lui pardonne toujours pas la façon dont le journaliste l’a traité dans ses écrits lors de son passage comme entraineur-chef du bleu blanc rouge.
La télé
Comment ne pas aborder la télé ? Par un heureux hasard, on lui propose d’écrire Lance et compte, qui deviendra un succès instantané et la nouvelle référence au Québec. « Je voulais une série à l’américaine. Pour bien comprendre le rythme, je calculais la durée des séquences de la série Dallas. Je voulais qu’on présente les Québécois comme des gagnants ». Suivra d’autres séries, notamment Scoop, et des films. Pour Réjean Tremblay, écrire, conclut-il, c’est comme respirer, et il souhaite pouvoir le faire jusqu’à la fin.
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