
Le journalisme, c’est l’antithèse du politicien. Cette définition du travail des scribes modernes me revient en refermant le dernier livre du journaliste, auteur, chroniqueur, essayiste, scénariste et producteur Réjean Tremblay: « Avant que j’oublie ».
Le cheminement incroyable de cet enseignant de latin et de grec à Charles-Gravel, natif de Saint-David-de-Falardeau, dont la carrière de 50 ans de journalisme a débuté au Progrès-Dimanche avant de passer à La Presse et au Journal de Montréal, marquera l’histoire du Québec.
Tous les mordus d’informations découvriront, dans son livre vedette du Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean, pourquoi ce n’est pas le « score » du match qui compte, mais l’histoire qu’il y a derrière. Et des histoires, il y en a dans ces quelque 400 pages bien tassées. Certaines ont servi pour écrire plus d’une vingtaine de séries télévisées qui lui confèrent le titre d’un des plus prolifiques créateurs de la télévision québécoise.
L’art du scoop
J’ai eu la chance de côtoyer Réjean Tremblay, en 1973, alors qu’il collaborait à l’hebdomadaire Progrès-Dimanche et que je débutais à la section sportive du PD.
Même s’il couvrait l’actualité, le « RED » (comme mon chef aux sports Marc Quelleville et moi le surnommions en raison de ses couettes rousses) passait la majeure partie de son temps avec les gars du sport. Ce qui ne l’a pas empêché de devenir la grande vedette de la section générale du Quotidien, au grand dam de ses collègues journalistes, un peu jaloux de voir ses nouvelles, la plupart du temps, à la Une.
C’est d’ailleurs l’une de ses manchettes du Quotidien qui l’a propulsé comme journaliste vers la grosse Presse de Montréal.
Opportuniste
Non seulement Réjean possède-t-il une culture générale exceptionnelle, mais il anticipe la nouvelle et parfois la provoque. Comme cette fois où il s’est retrouvé assis près de Pierre Elliot Trudeau, dans l’avion qui menait les libéraux à Roberval, le 11 juin 1974. Il avait réussi à forcer l’organisation libérale à accepter qu’un journaliste local accompagne les journalistes nationaux.
Nationaliste jusqu’au bout des ongles, Réjean bavarde avec le PM fédéraliste Trudeau et recueille suffisamment d’éléments pour que son texte fasse encore la une du Quotidien et trouve écho jusque dans le bureau des patrons de La Presse.
Chiens écrasés
Son père, Jean Tremblay, m’a raconté comment il avait été déçu, à l’époque, que Réjean abandonne l’enseignement pour accepter un job au Quotidien. Pourtant, il n’avait pas encore complété un an au Progrès qu’on lui offrait un poste à la Presse, la nuit, aux faits divers. En termes journalistiques réducteurs, ce qu’on qualifie de couverture des chiens écrasés, lui permet de côtoyer la nuit le chroniqueur judiciaire Claude Poirier.
Pas pour longtemps, puisque dès qu’un poste s’ouvre à la section sportive de la Presse, non seulement il y accède, mais on lui confie rien de moins que le ‘’beat’’ du Canadien, le summum pour un journaliste de sports. C’est à travers ces voyages avec le club et bien d’autres événements sportifs qu’il trouve l’inspiration pour ses histoires saisissantes. De celles qu’on trouve dans ce nouveau genre d’autobiographie à la sauce Réjean.
(418) 546-2525
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