
La véritable motivation du retour sur la scène publique de l’ex-conseiller municipal de Saguenay, Michel Potvin, est-elle vraiment de défendre les décisions qu’il a prises au cours de son passage à l’hôtel de ville? S’ennuyait-il plutôt de la scène médiatique où il nous a habitués à des répliques parfois amusantes, mais pas toujours très rigoureuses?
Difficile à déterminer mais, pour quelqu’un qui reçoit ses invités en les prévenant qu’il ne veut pas casser du sucre sur le dos de personne, on peut dire que c’est définitivement raté. Ses ex-collègues de la table du conseil de ville n’ont pas été ménagés par ses propos concernant, entre autres, les dépenses occasionnées par des congédiements injustifiés du dg de la STS et celui de l’ex-greffière.
Pas une ‘'cenne’’
La tenue impromptue d’une rencontre de presse, à l’hôtel Chicoutimi, la semaine dernière, a pris un peu tout le monde par surprise. Être convoqué par des politiciens battus aux élections n’est pas coutume. Même si parfois on accepte mal la défaite, il y a une loi non écrite qui nous dicte de faire profil bas.
Mais, Michel Potvin n’a que faire des conventions. Il a décidé de sortir son langage coloré pour affirmer, sans rire, que les congédiements injustifiés qu’il a pilotés, à la fois comme vp du Comité exécutif et représentant de la STS, ne coûteront pas une ‘’cenne’’ à la ville de Saguenay. Sans doute pas des ‘’cennes’’, mais sûrement des dollars qui sortiront d’une obscure réserve, qui fait partie des actifs de la ville. Et quand Michel Potvin affirme que l’ex-mairesse a promis de payer ses propres frais qu’elle devra assumer en appel, on demande à voir.
Avis juridique
Selon les prétentions de Michel Potvin, le plus récent avis juridique, demandé, par le nouveau Comité exécutif de l’administration Boivin, serait inutile. Cet avis, commandé en début de février, vise à abroger en quelque sorte, la résolution recommandée par le dg Rioux et adoptée par Michel Potvin et consorts du CE de l’époque Dufour. Celui qui accordait le paiement des frais d’avocat à la mairesse.
Vu qu’on en était déjà au moins à 100,000$ en frais d’avocats, le conseil actuel a voulu s’assurer de freiner ces dépenses jugées excessives. Les membres du présent comité exécutif douteraient-ils aussi de la promesse de l’ex-mairesse de payer les frais de son appel?
Imputabilité
Quoiqu’en dit l’ex-conseiller Potvin, les membres du conseil de ville n’auraient jamais dû accepter l’avis demandé par le directeur général Gabriel Rioux pour le CE. Un avis d’accepter le paiement de frais judiciaires à une mairesse qui ne l’était pas au moment des faits reprochés.
Deux autres avis, celui du conseiller Serge Gaudreault et un autre l’ex-ministre Andrée Laforest, contredisaient ce premier avis de l’administration Dufour. Les membres du Comité exécutif de l’époque du vice-président Potvin l’ont quand même adopté. Aujourd’hui, Michel Potvin tente de minimiser son erreur en l’imputant à tous les conseillers du dernier conseil. Même diluée, cette erreur restera dans l’histoire comme la marque du pire mandat qu’un conseil de ville a rempli à Saguenay depuis la fusion.
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