
Cinq ans après son ouverture, soit en 1981, Place Centre-Ville aura aussi eu comme effet de créer de l’insécurité chez certains commerces environnants, qui verront en l’arrivée du centre commercial une concurrence féroce. Certains de ces commerces, à défaut de pouvoir déménager leurs pénates, devront fermer leurs portes.

On compte aussi pas moins d’une vingtaine de commerces qui auront déménagé ou disparu dans le sillage de l’arrivée de ce nouveau joueur au fil des ans. Qu’on pense au AL Green, à la bijouterie Harry Roy, à la Banque Impériale de Commerce (maintenant L’Hopéra), à l’épicerie J.A.T. ou au Woolworth, pour ne nommer que ceux-là. Les « plus jeunes » se souviendront aussi de Légaré Meubles, United Stores (maintenant Jean Coutu), Roland Desbiens Nouveautés et son voisin Dominion Stores Alimentations. Et rappelons que l’église Saint-Albert-Le-Grand (maintenant Le Parvis), située sur le terrain convoité, a été relocalisée à l’intérieur des murs du centre commercial.




Avenir de Place Centre-Ville
Autres temps, autres mœurs. Le fait qu’une ville comme Saguenay devienne entièrement responsable de Place Centre-Ville apporte plusieurs changements. Mentionnons d’abord que le tout se fait sans paiement de la ville aux actionnaires encore existants. Des 40 fondateurs actionnaires qu’ils étaient en 1972, ils ne sont plus maintenant qu’une dizaine. Celle qui était directrice générale de Place Centre-Ville, Martyne Tremblay, continuera d’y œuvrer, en devenant directrice, accompagnée du chef d’équipe Pierre Gagné. Ces derniers sont dorénavant employés par la ville. Les locataires conservent donc la même interlocutrice au quotidien, avec les mêmes coordonnées. Une lettre a d’ailleurs été transmise à l'ensemble des locataires pour les informer du changement et des nouveaux canaux de communication, notamment le numéro à joindre en dehors des heures d'ouverture pour les situations urgentes.
Visées?
Mais que peut bien faire une ville comme Saguenay d’un centre commercial? Des gens d’affaires à qui nous avons parlé ont leur petite idée. Des promoteurs pourraient être approchés, et pourraient éventuellement s’en porter acquéreurs. Plusieurs personnes interrogées dans la communauté d’affaires croient que de nouveaux propriétaires se pointeront rapidement. Selon des sources proches du dossier, le téléphone aurait déjà commencé à sonner à la ville. De son côté, le cabinet du maire Luc Boivin nous précise que tous les scénarios sont actuellement à l'étude. Une présentation sera faite fort vraisemblablement en plénière ou en séance de travail du conseil municipal en temps et lieu, mais rien n’est défini pour le moment, nous mentionne-t-on.
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