
Qu’on se le dise: si on se présente à la séance du conseil de ville ou d’arrondissement des élus de Saguenay, en déclarant en période de questions qu’un ou des élus ne travaillent pas un certain dossier, ou encore ne travaillent pas tout court, il y a de fortes chances que vous vous fassiez couper au moment même votre droit de parole par le président d’assemblée.

C’est exactement ce qui s’est passé mardi, lors de la séance du conseil d’arrondissement de Jonquière, lorsque le citoyen Gaétan Gauthier a ouvertement questionné le travail de son conseiller Claude Bouchard dans un dossier de déneigement du quartier des peintres. Le résident, qui parlait au nom d’un groupe de dix citoyens du quartier, est allé plus loin en disant que le conseiller ne travaillait pas. Carl Dufour a alors interrompu le citoyen sur le champ, disant que c’était assez. Rencontré à l’issue de la séance, le président d’arrondissement en avait gros sur le cœur concernant ce type de sortie, dénonçant la façon dont le message a été livré. C’était la 1re fois en carrière que Carl Dufour (photo) interrompt un citoyen.

« En fait, c'est toujours légitime pour quelqu'un qui vient s'adresser au conseil d'arrondissement pour dénoncer une problématique qu'il vit. Ça, on n’a vraiment pas de problème avec ça. Mais des fois ça déborde un petit peu…Quand tu mentionnes qu'un conseiller comme Claude Bouchard ne fait pas son travail ou que son salaire ne sert absolument à rien, ça dépasse les bornes. Comme conseiller municipal, je pense qu'il faut dénoncer ce genre de commentaires-là. Je pense que ça n’avait vraiment pas sa place ».
Plante verte en plein conseil
Carl Dufour a aussi exhibé au représentant du 92,5 CKAJ une plante verte en plastique qu’avait apportée le groupe de citoyens, avec le nom de Claude Bouchard apposé dessus, illustrant ainsi que le conseiller faisait office de “plante verte” et ne travaillait pas. Inacceptable, selon lui. Il témoigne que son conseiller travaille bien ses dossiers.
« S'il y en a un qui travaille fort ici à l'arrondissement, c'est Claude Bouchard, je le vois aller depuis cinq ans. C'est un gars qui est près de ses citoyens, qui monte ses dossiers. Des dossiers qu’il monte avec cœur, surtout. J'ai arrêté l'intervention du citoyen tout simplement parce que là ça allait nulle part. Et je savais que c'était en train de se régler en plus. Je pense qu'on a évité une escalade. On le voit à travers le Québec, des commentaires, des élus qui démissionnent depuis moins d’un an. Je pense qu'à un moment donné, on est capable d'arrêter tout ça, puis de répondre aux citoyens ».
La faute aux fonctionnaires?
Quoiqu’en désaccord avec la façon que le groupe de citoyens a livré son message, le conseiller Claude Bouchard est d’accord avec eux sur deux points: l’enjeu de sécurité du quartier des peintres, et surtout le fait que certains dossiers prennent énormément de temps à être réglés avec quelques fonctionnaires à la ville. Il croit cependant que le tout va en s’améliorant avec la nouvelle administration Boivin.
« C'est sûr que dans certaines situations, on aimerait ça que les délais soient un peu moins longs, mais on n'a pas nécessairement le contrôle sur tout ça. C'est ça, l'appareil municipal, ce sont des appareils qui sont gros. Puis au bout de la ligne, il y a beaucoup de dossiers à traiter. Alors malheureusement, on n'a pas toujours le délai d'information qu'on aimerait. Et comme ce sont les conseillers les canaux de communications des citoyens, c’est nous autres qui avons leurs commentaires. C’est nous autres qui avons le téléphone qui sonne. Je pense que c'est ce qu'on essaye aussi de faire prendre conscience à notre administration municipale, d'essayer de se mettre un peu à notre place, de vivre cette situation-là. Mais je pense que présentement depuis que notre maire est en poste, on travaille fort justement au niveau de l'appareil administratif pour essayer d'accélérer les délais de traitement. Alors, je pense qu'il y a des choses positives. Je suis convaincu qu'au fur et à mesure que ça va aller, on va être capable d'améliorer les choses encore mieux qu'on le fait présentement », de conclure le conseiller.
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