
Si on croit le chroniqueur de politique américaine Guillaume Lavoie, pas besoin de chercher de midi à quatorze heures pour identifier la cause première de la défaite massive des républicains lors des élections américaines de mi-mandat. Il n’y a qu’un seul responsable, dit-il, et c’est Trump lui-même. Même habitué à ce qui se passe chez nos voisins du Sud, Guillaume Lavoie s’est dit surpris par le raz-de-marée démocrate qui a déferlé. Il a confié sa surprise sur les ondes du 92,5 Ma radio d’Ici, pendant l’émission « Réveillez-vous ».
« La surprise vient de l'ampleur de la vague. Tout ce qui a été gagné par les démocrates a été gagné par des marges infiniment plus grandes que ce qu'on aurait pu imaginer. Et tout ce qui a été sauvé par les républicains l'a été sauvé par la peau des dents. Et là on a des victoires démocrates dans des châteaux forts républicains où on pensait la chose absolument impossible ».
"États surprises"
Ajoutons que le Kansas a fait élire un sénateur démocrate, une première depuis 1932. Et que d’autres états ont aussi causé une surprise. À quel état pense-t-il exactement? « C'est la Caroline du Sud! Traduction québécoise : Le PQ vient de gagner dans Westmount! Je parlais à certains démocrates ce matin et la blague c'est: « le champagne rentre au pipeline! » Habituellement quand il y a une victoire, tout le monde dit « c'est moi »…mais quand il y a une défaite, tout le monde dit « c'est l'autre ». Il y a UN responsable de la défaite des républicains et c'est Trump ».
Facteurs de défaite
Par quels facteurs Guillaume Lavoie identifie-t-il la défaite? Il en a ciblé quelques-unes. « La question de l'urne, le prix à la pompe, le prix à l'épicerie..tout ça, c'est la résultante directe des décisions des politiques de Trump. La guerre en Iran, les tarifs…Trump était au-devant, il a fait campagne, il est allé dans plein d’états, en disant aux électeurs « faites comme si j’étais sur le bulletin de vote, c'est un référendum sur moi »…Les électeurs ont répondu « très bien, voici notre jugement ».
Candidats imposés
Le fait que certains états se voient imposer des candidats républicains n’a certes pas plu aux électeurs…et au parti lui-même, comme l’analyse Guillaume Lavoie. « La faiblesse des candidats républicains était aussi une raison du succès des démocrates et c'est Trump personnellement qui imposait ces candidats-là, souvent contre la volonté des bonzes du parti. Donc, il est difficile de trouver un autre responsable de cette défaite-là. L'ampleur elle est très grande et il faut rappeler qu’au Sénat, quand vous avez un sénateur qui vient d'arriver, il est là pour six ans. Alors ça va laisser des conséquences lourdes sur la suite des choses ».
Comme le nouveau congrès entrera en fonction officiellement le 3 janvier, comment le chroniqueur entrevoit-il cette suite des choses? « Entre maintenant et le 3 janvier, c'est le « vieux congrès » qui est toujours là. On va l’appeler comme ça. Si on a une leçon à tirer de cette élection-là, en entendant les demandes des électeurs, ce serait « organisez-vous comme vous voulez, je veux que mes prix baissent ». Alors, j'ai l'impression que ceux qui disaient qu’il faudrait reculer sur les tarifs - quitte à le faire discrètement – eux, ils vont être beaucoup plus puissants, ça presse. On vient de commencer la présidentielle de 2028. Est-ce que les démocrates vont être capables de présenter un front uni et cohérent? Ça, ça risque d'être un défi passablement complexe et difficile », conclut-il.
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