
C’était jour de présentation du rapport du Vérificateur général mardi à Saguenay. Après avoir procédé (selon ses dires) à « un coup de moppe » dans son rapport de l’an dernier, Jonathan Desbiens relève cette année un constat troublant: la façon de faire un Programme triennal d’immobilisations (PTI) de la ville de Saguenay est unique, mais pas nécessairement dans le bon sens.
C’est pourquoi il met de l’avant 31 recommandations pour corriger l’ensemble des lacunes. Le VG appuie aussi ses dires en disant avoir comparé la façon de faire de Saguenay en termes de PTI avec d’autres grandes villes. Aucune autre ville n’utilise la façon de faire de Saguenay. En guise d’exemple, il constate que pour un Projet X de 25 M$, au lieu de répartir le montant sur la durée de trois ans du triennal comme le font la plupart des villes, on applique tout le montant sur la 1e année, laissant 0 $ sur les deux autres années. Autre constat: le VG souligne que la valeur du PTI a grimpé de près de 84 % en deux ans. Il est passé de 226,5 M$ à 416 M$ pour le PTI de 2025-2027.
Jonathan Desbiens avoue (ci-dessous en audio) que le conseil de ville a de sérieuses difficultés à savoir quels projets il faut prioriser.
Un service des finances à l’écart
Le VG souligne que le Service des finances à la ville ne joue pas pleinement son rôle en ce qui concerne la stratégie de financement. En ce qui a trait aux rôles et responsabilités, c’est le responsable PTI qui détermine les principales stratégies. Jonathan Desbiens recommande ni plus ni moins de transférer la pleine responsabilité au Service des finances, donc à un département complet, au lieu de laisser les responsabilités sur les épaules d’une seule personne.
Notons aussi qu'il y a aussi, toujours selon le VG, un manque flagrant de communication entre la Direction générale de la ville avec les différents services.
Réalisation de projets : un flou
Les citoyens qui se questionnent sur les délais de réalisation de projets spécifiques dans leur district seront peut-être surpris d’apprendre que leurs conseillers ne sont peut-être pas plus au courant qu’eux. Le VG indique que pour leur mandat de quatre (4) ans, il serait primordial pour les élus de pouvoir se prononcer sur le moment où les investissements seront réalisés.
Or actuellement, par manque d’informations qui leur sont transmises et par manque de structures, les conseillers se prononcent plutôt sur le moment où les projets seront activés et non sur le moment où ils seront livrés. Ce manque de communication fait aussi en sorte que la ville vote de nouveaux projets sans nécessairement « savoir ce qu’il y a dans la machine », image Jonathan Desbiens. Ce dernier croit que la ville se doit de revoir sa façon de gérer, il ne chiffre pas le nombre de lacunes, mais croit que les 31 recommandations aideront à corriger le tir de plusieurs d’entre elles.
Projets en double
Les observations du VG ont aussi permis de remarquer qu'au fil des ans, certains projets apparaissaient "en double" dans les PTI. C'est le cas notamment du projet de bibliothèque à La Baie, qui apparaissait dans un projet de construction neuve et dans un autre où parlait de relocalisation dans l'église Saint-Édouard. Des montants avaient été prévus pour chacun des deux projets.
Pour revenir à la façon de concevoir un PTI à Saguenay, Jonathan Desbiens souligne en terminant qu’on est peut-être « un petit peu à côté de la track et qu’il faut se réaligner ».
Luc Boivin d'accord avec le rapport
Questionné en marge de la séance du conseil de ville, le maire de Saguenay, Luc Boivin, adhère à 100% aux constatations et aux recommandations du Vérificateur général Jonathan Desbiens. Onb peut l'entendre ci-dessous.
(418) 546-2525
ckaj@ckaj.org