

Le maire de Saguenay, Luc Boivin, a mobilisé les membres de son conseil et les élus de la région pour dénoncer la transaction du propriétaire indonésien de Domtar de transférer les barrages de son usine de Kénogami sur la rivière Shipshaw dans une société en commandite.
Il a tout à fait raison.
L’entreprise a profité du projet de loi 69, de la ministre Christine Fréchette qui permet le transfert des barrages à une société en commandite dans le but de revendre l’électricité à des tiers privés. Ce projet de loi avait été préparé par l’ancien ministre Pierre Fitzgibbon qui est maintenant conseiller de Domtar-Résolu.
Ce transfert permet au propriétaire de Domtar de conserver les avantages économiques des barrages privés dans une société en commandite tout en coupant le lien avec ses engagements d’investissement et de maintien des activités à l’usine de Kénogami. Ce transfert permet aussi de diminuer les coûts d’une possible fermeture de l’usine de Kénogami et de rendre la fermeture plus facile. Des privilèges sans engagements, le meilleur des mondes pour l’entreprise.
C’est une transaction inacceptable et un précédent dangereux pour toutes les régions du Québec. Le propriétaire indonésien pourra répéter la même opération à Alma au moment opportun. Rio Tinto pourra aussi chercher à faire valoir ce précédent pour se libérer progressivement des engagements d’investissements qui sont liés aux privilèges économiques de ses barrages privés. Il en sera de même pour les autres barrages privés liés à des engagements de développement dans les autres régions du Québec.
Compte tenu des conséquences, le gouvernement du Québec devrait modifier sa loi 69 et annuler cette transaction. Les partis d’opposition sont en mesure de faire entendre la voix de la région si nécessaire.
Nous sommes en campagne électorale et une forte mobilisation régionale pourrait permettre de faire annuler cette transaction inacceptable pour le présent et le futur. Le maire de Saguenay serait dans une bonne position pour conduire cette mobilisation.
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