
On va se le dire : plusieurs ont été surpris de la nomination de Marie-Karlynn Laflamme à titre de ministre de la Santé. On la voyait plutôt à l’Éducation en raison du poste qu’elle occupait au rectorat de l’UQAC.
Mais l’ex-ministre de la Santé dans le gouvernement libéral de Jean Charest, Yves Bolduc, pour sa part, trouve que Mme Laflamme est la candidate toute désignée pour occuper ce poste. En entrevue avec Annie-Claude Brisson à la radio, d’Ici Première (Radio-Canada), celui qui est revenu depuis 2018 à la médecine familiale à Québec ne tarit pas d’éloges envers la nouvelle ministre péquiste de la Santé, de la Prévention et des Ainés. L’ex-ministre Bolduc, natif d’Alma, a dit connaître Mme Laflamme pour l’avoir côtoyée alors qu’elle occupait un poste aux communications pour le CSSS du Lac-Saint-Jean Est. Il l’a décrite comme une personne dédiée qui met beaucoup d’ardeur au travail, très appréciée de ses collègues.
L’effet acquis
Fort bien, pour la nouvelle ministre, mais la région ne doit pourtant pas se réjouir trop vite de pouvoir compter sur une ministre responsable à laquelle on reconnaît tant de compétences. D’abord parce que, comme l’expliquait l’ex-ministre Bolduc, la tâche est colossale, et que Mme Laflamme devra composer avec les organismes du réseau de la santé à travers tout le Québec, quitte à devoir négliger sa région.
Et aussi parce que l’histoire contemporaine de la politique québécoise nous apprend que les régions acquises au parti politique au pouvoir sont souvent laissées pour compte.
Quelques exemples
Le Parti Québécois a remporté les cinq circonscriptions électorales de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Tout comme à l’époque des grands sommets régionaux où le PQ trônait dans la région. Même si l’autoroute dans la réserve faunique des Laurentides s’imposait comme projet essentiel pour le développement régional, le gouvernement du PQ (dirigé alors par un des nôtres, Lucien Bouchard, a dit non. Il aura fallu l’arrivée du gouvernement Libéral de Jean Charest et du premier ministre fédéral, Jean Chrétien, pour lancer le projet.
De même dans l’Outaouais, où les électeurs étaient acquis aux libéraux depuis quelques élections, la population attend toujours les investissements pour terminer leur autoroute 50 .
Plus récemment, le Saguenay-Lac-Saint-Jean était entièrement représenté par des députés de la CAQ avec, en plus, une ministre des Affaires municipales, de chez nous. L’un des grands projets qui faisait consensus au Saguenay, GNL, ne s’est jamais concrétisé.
Montréal d’abord
La première décision du premier ministre St-Pierre Plamondon a été de débloquer 28 millions $ pour soulager l’itinérance. De ce montant, 19 millions vont à Montréal. L’annonce a été faite en présence de la mairesse de Montréal. Une ville qui n’a donné qu’un seul député au PQ. Le reste du Québec, pas loin de sept millions de population, devra se partager les millions $ restants.
En politique, il faut tourner le dos aux acquis et travailler en fonction de gagner la sympathie des régions moins favorables à nos idées si on veut gagner un autre mandat.
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