
Heureusement que le maire Luc Boivin avait dans sa manche une demande inattendue, à la première séance du grand conseil de l’année à Saguenay. Il s’agit d’une résolution proposant d’appuyer une mobilisation des régions manufacturières à l’égard des travailleurs temporaires étrangers. Mise à part cette intervention, cette séance du 14 janvier 2026 ne passera pas à l’histoire.
On a assisté à la nomenclature d’avis de motions visant à emprunter pour la réalisation d’opérations ponctuelles. Aucune référence au développement de la ville, pas même au budget, n’a transpiré de cet exercice nécessaire, mais combien surréaliste pour les non-initiés. On a cependant soutenu l’augmentation salariale des élus et annoncé qu’on tiendra des festivités pour le centième anniversaire de l’ex-ville d’Arvida et du 350e du poste de traite de Chicoutimi. Vaste programme, comme disait De Gaule.
Travailleurs étrangers
Quoique judicieuse, l’idée de ramener la question des travailleurs étrangers temporaires au palier municipal se présente malheureusement dans un contexte peu favorable. Sur le plan provincial, Saguenay devient presque orpheline et la conjoncture politique récente ne se prête guère à une réaction positive de nos gouvernements.
La circonscription chicoutimienne est sans député depuis le départ de l’ex-ministre, Andrée Laforest. Celle de Dubuc perd son député au pouvoir, François Tremblay, dégommé par ses pairs et siégera désormais à titre indépendant. Reste Yannick Gagnon à Jonquière, qui se débat comme un diable dans l’eau bénite mais, néanmoins, se retrouve sur un bateau ivre, sans capitaine à la barre.
Et quoi que fasse le palier fédéral sur cette question, le Québec voudra y apporter sa version révisée, parce que la province travaille en partenariat avec Ottawa dans l’application du PTET.
Manufacturiers inquiets
Quand il s’agit de travailleurs étrangers, le maire de Saguenay Luc Boivin sait de quoi il parle. L’ex-directeur général de la fromagerie Boivin a eu recours à cette main-d’œuvre maintes fois pour pallierà la rareté de la main-d’œuvre pour la fromagerie. Cette pénurie déborde largement le domaine agricole. Par exemple, dans l’industrie de l’usinage et de la soudure, les travailleurs étrangers représentent pas moins de 20% de la main-d’œuvre. Les changements opérés par les gouvernements supérieurs dans le domaine de l’immigration n’ont rien à voir avec les réalités d’une région comme la nôtre. On demande aux deux paliers de gouvernement de réviser leur planification en termes de nombre de travailleurs pour les prochaines années.
Solidarité régionale
Dans le contexte actuel où, sur la scène provinciale, deux des principaux partis doivent se trouver un chef avant la très prochaine période électorale et au palier fédéral où il faut parer une guerre avec le voisinage, l’appel de Saguenay a un urgent besoin d’avoir des échos à travers les autres régions excentriques de la province. Seule une preuve de solidarité de cette nature aura des chances d’obtenir l’attention des gouvernements supérieurs pour une bonification à cette décision qui ne tient pas compte des spécificités régionales.
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