
Pour l’artiste almatoise Caroline Gaudreault, dont la carrière prend de l’ampleur sur la scène internationale, le rêve d’une première exposition solo aux États-Unis s’est transformé en casse-tête douanier. Elle devait présenter huit œuvres dans une galerie de San Francisco en février prochain, mais l’entrée en vigueur de droits additionnels pouvant atteindre 50 % bouleverse ses plans.
« Oui, et à un point tel que l’exposition solo que je prépare est grandement compromise », affirme Caroline Gaudreault. L’artiste avait heureusement déjà expédié les œuvres destinées à certaines expositions prévues au cours des prochains mois avant l’entrée en vigueur des nouvelles mesures. La situation est toutefois différente pour les prochains envois.
« Les États-Unis, c’est là où j’exposais le plus mes œuvres. Ça me met énormément de bâtons dans les roues », déplore-t-elle.
Une facture qui grimpe rapidement
Pour une artiste qui doit déjà assumer les coûts de production, de transport et les commissions versées aux galeries, l’ajout de droits douaniers peut rapidement rendre une exposition difficilement viable. « Si j’envoie une œuvre qui vaut 2000 $, c’est 1000 $ de plus pour passer les douanes », illustre-t-elle.
La situation complique également le travail avec les transporteurs. Selon Caroline Gaudreault, certains hésitent à prendre le risque de transporter une œuvre jusqu’aux États-Unis si celle-ci devait être refusée à la frontière. « Les transporteurs ne veulent pas prendre le risque que l’œuvre arrive là-bas et soit refusée par l’importateur. Ils m’obligent à le payer pour l’envoyer. »
Caroline Gaudreault planifiait cette exposition californienne depuis longtemps. Les discussions avec la galerie ont commencé il y a environ deux ans et la date de février prochain a été fixée il y a près d’un an et demi. Elle a communiqué avec la propriétaire de la galerie pour lui faire part de la situation, mais pour l’instant, cette dernière préfère attendre avant d’annuler officiellement l’événement.
« Elle m’a demandé de prendre ça au jour le jour et elle est ouverte à pouvoir combler l’espace si je le fais en janvier. » L’artiste continue donc de travailler comme si l’exposition allait avoir lieu, mais elle se prépare aussi à la possibilité de devoir se rabattre sur un plan B.
Une carrière qui prenait son envol
L’enjeu est important pour l’artiste almatoise, qui connaît actuellement une période particulièrement active de sa carrière. Elle doit participer cette année à neuf expositions collectives à l’étranger, notamment aux États-Unis et en Australie. Son calendrier est déjà rempli pour les prochaines années. « J’ai des expositions programmées jusqu’en février 2029, dans des galeries prestigieuses et bien établies », souligne-t-elle.
Trouver un autre endroit pour exposer
Si l’exposition californienne devait finalement être annulée, Caroline Gaudreault entend néanmoins donner une nouvelle vie aux œuvres qu’elle aura produites. « C’est sûr que j’irais la faire ailleurs. C’est beaucoup de travail. Je vais essayer de trouver un plan B pour les présenter ici au Canada. » Elle déplore surtout les obstacles supplémentaires auxquels sont confrontés les artistes qui tentent de bâtir une carrière internationale.
« C’est triste. C’est même épouvantable. C’est dur de faire une carrière dans ce domaine. Il faut s’acharner et vraiment vouloir. C’est comme un coup de grâce. Une belle occasion manquée. » La situation demeure donc en suspens jusqu’à l’hiver. Caroline Gaudreault espère que le contexte douanier aura évolué d’ici là.
« On va voir ce qui va se passer en janvier. C’est sûr que si les choses continuent comme ça, c’est comme si je devais donner mon travail. »
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