
Deux propriétaires d’une salle de cinéma, Paul Langevin et Christian Jomphe, dénoncent une lourde bureaucratie gouvernementale qui fait en sorte qu’ils se voient obligés d’acquitter deux amendes totalisant 42 600 $. Motif? Un oubli de changement de nom quant à la gestion du guichet automatique ATM, installé au Cinéma du Complexe Alma, cinéma qu’ils ont acquis en 2023 des mains de Ghislain Dubois.
En entrevue vendredi à l’émission “Réveillez-vous” au 92,5 Ma radio d'Ici CKAJ, Paul Langevin a d’abord mentionné que lorsqu’ils ont fait l’acquisition du cinéma almatois, tout a été fait dans les règles, alors qu’ils étaient accompagnés dans la transaction par des experts financiers tels qu’un comptable, un notaire et un fiscaliste.
Lui et son partenaire ont changé les comptes de taxes de noms, transféré la paperasse aux deux paliers de gouvernements. Tous deux croyaient n’avoir rien oublié. Et arrive un inspecteur qui constate une erreur au niveau du guichet automatique ATM installé dans le cinéma, tel que le mentionne M. Langevin.
Visite d'inspecteur
« En février de cette année, en 2026, on a un inspecteur qui vient nous voir. Il fait l'inspection, il regarde, on a notre permis, on a notre vignette, tout est beau. Parallèlement on a un petit guichet automatique de type ATM, pour rendre service aux clients, et on charge des frais pour l’opérer. Ça nous rapporte 800 $ à 900 $ par année. C'est tout ce que ça nous rapporte. Sauf qu’on a oublié quelquechose, car on ne le savait pas: on n'a pas changé le nom de propriété au niveau du guichet ATM, c'est le nom de M. Dubois, l'ancien propriétaire, qui apparaissait encore dans ces papiers-là ».
Paul Langevin croyait qu’avec les transferts de titres de propriétés transmis aux deux gouvernements, le transfert de nom du guichet s’était aussi fait. Lui et son partenaire Christian Jomphe ouvrent donc leurs livres, exhibent leurs comptes de banques qui sont inspectés de fond en comble. Ils n’étaient alors pas au bout de leurs surprises.
« Il a fallu montrer nos comptes de banque, les transactions, pour voir si on ne faisait pas de la fraude ou on de blanchiment d’argent. On s’entend avec eux, on se met légal, on envoie d’autres papiers bien remplis, mais malgré tout ça, un mois et demi après, cette année, on reçoit un constat d'infraction. Je regarde ça, je lis « 21 300 $ ». Je me dis alors « Ils sont fous! ».
Double surprise
Mais Paul Langevin n’était pas au bout de ses peines non plus. « À force de parler à mon partenaire Christian Jomphe, il me dit « Non Paul, ce n'est pas seulement 21 300 $...c’est DEUX FOIS 21 300 $. C'est 21 300 $ par nom qui manque, donc 42 600 $! »…Pas de bon sens pour un guichet qui, comme je viens de vous le dire, rapporte 800 $ à 900 $ par année ».
Paul Langevin dénonce la lourdeur bureaucratique et ne comprend pas pourquoi le montant de l’amende est si élevé. Il interpelle les élus, les candidats dans la présente campagne, alors que pour survivre dans l’aventure de son cinéma almatois, il devra couper quelquepart. D'autant plus qu'il n'a pas les retours espérés de Revenu Québec.
« Il va falloir couper les services, peut-être même couper dans les employés, parce qu'il faut le récupérer ce 42 000$ là. Nous autres, on ne comprend pas. Ça n’a aucune mesure avec l'infraction qu'on a commise. On a oublié deux noms! Puis là, je me dis, attends un peu. Là, on est en élection »
Aucune aide du député
Paul Langevin raconte qu'il est allé cogner à la porte du député sortant de Lac-Saint-Jean, Éric Girard. On lui a dit qu'on ne pouvait rien faire pour l'aider. « Ça se targue, tout le monde, de vouloir aider les petites entreprises, que c'est important pour le Québec. Bien là, ils ne nous aident pas personne! Donnez-nous une tape sur les doigts, ok. Mais là c'est pas une tape ses doigts qu'on a… on se fait arracher la main complètement !», conclut M. Langevin.
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