
À près de trois semaines du 1er anniversaire de l’élection municipale ayant amené au pouvoir à Saguenay l’administration du maire Luc Boivin, l’occasion était belle de prendre des nouvelles de l’ex-cheffe de l’Équipe du Renouveau Démocratique (ERD), Christine Basque. Mais surtout de faire un parallèle avec la récente élection provinciale alors que, comme la caquiste Christine Fréchette, « l’autre Christine » n’a fait élire aucun représentant de son équipe (ni elle-même) dans la nouvelle gouvernance.
Il est d’abord clair selon Mme Basque que malgré un solide discours le soir de la défaite, Christine Fréchette n’avait pas à prendre l’entier de sa défaite sur ses épaules. «Tu gagnes en équipe, tu perds en équipe. De mon côté, avec le recul, je suis très bien avec ça. Mais c'est certain que sur le coup, c'est un message on ne peut plus clair. C'est un peu comme « un coup de poing sur la gueule » dans le fond, quand on l'analyse d'une façon crue. On présentait tous nos candidats qui étaient des candidats solides, bien implantés, des gens qui provenaient de divers milieux de compétences. Donc, il y avait une belle complémentarité de talents autour de la table qu'on proposait. C'était très annonciateur de changements et de nouveautés. Ce qu'on a ensuite compris, par contre, c'est qu’ici à Saguenay, les gens ne sont pas prêts à adhérer à un parti politique ».
A-t-elle pris « le message » de manière personnelle ? « Ce n’était pas personnellement dirigé contre moi ou contre les membres de mon équipe. Absolument pas. Je l’ai plutôt analysé. Comme étant un vote contre l’ERD ». Et les constatations l’amènent plus loin. « Je pense même que si tous nos candidats s’étaient présentés indépendants, certains d’entre eux auraient alors eu d’excellentes chances d’être élus ».
Possible analogie
« Madame Fréchette, à un moment de sa campagne, ne nommait pas la CAQ, le parti qu’elle dirigeait. Elle lui a plutôt donné le nom d’« Équipe Christine Fréchette ». Elle n'a jamais parlé de la CAQ, c'était l'équipe Fréchette. Alors si nous aussi on avait dit l'« Équipe Christine Basque » au lieu de l’ERD…est-ce que ça aurait changé quelque chose? Je ne le sais pas… » Mme Fréchette ne devrait donc pas prendre la défaite comme personnelle ? « Non. Elle aurait dû davantage mettre ça sur le goût d'un changement de la population. Il est clair selon moi que c'était ça ».
Jambes sciées
Le fait qu’Andrée Laforest s’annonce candidate à la mairie a, de l’aveu de Mme Basque, "scié les jambes" à bien du monde dans son équipe. Il a fallu rallier les troupes. « Il y en a aussi qui se sont annoncés candidats à un mois de l’élection. On s'entend que ta campagne électorale est pas mal moins longue à vivre à ce moment-là. Et par le fait-même, est-ce que ça veut dire que tu deviens « la nouveauté », la « saveur du jour » avec une nouvelle offre ? Et que par conséquent, nous à l’ERD, aux yeux des gens, on devenait du « vieux stock » à ce moment-là ? Je ne sais pas…peut-être. Mais une chose est certaine: je me souviens d'analystes politiques du moment qui qualifiaient l’ERD de l'équipe la plus prête à prendre les rênes de la ville, parce qu'on était les mieux préparés ».
Énorme peine
« J'ai eu énormément de peine le soir de l'élection, mais ma peine était davantage de voir les 12 personnes qui m'ont fait confiance. Personne d’entre eux n’a gagné. Ça, personne ne l'avait vu venir et ça a été l'effet de surprise, la déception. Tous ces gens-là qui ont milité à côté de moi, qui croyaient en moi, c'est ça qui était dur à porter, même si je comprenais que ce n’était pas dirigé contre moi ou les 12 autres ».
Post-élection
Et après l’élection, comment cela s’est-il passé pour elle, en novembre 2025? « J’ai un environnement familial fort, des amis, je suis bien entourée. J'ai la chance d'être quelqu'un de tellement aimé. Je suis comblée dans ma vie. La famille, ça a été le plus gros pilier pour moi suite à ça, mon mari et les enfants, j'étais forte. Je suis une femme forte déjà à la base, ceci dit en toute humilité ».
Message à Christine
« Un message à Mme Fréchette, en terminant, à « l’autre passionnée Christine »? « Tu gagnes en équipe, tu perds en équipe, je le répète, on va tous avoir la même note. C'est la force d'une équipe, de travailler ensemble, d'arriver ensemble. Puis d'assumer ensemble aussi après. Personnellement, je ne crois pas non plus que j'aurais tout pris sur moi. C’est comme une recette de cuisine: parce que je pense que ce qui fait une bonne soupe aux légumes, c'est la diversité des goûts et de la variété des ingrédients. De même en va-t-il pour une équipe en campagne: ce qui fait que quelque chose est bon, c'est la diversité de la complémentarité des gens qui sont là, qui forment une équipe ».

Peurs et courage
Christine Basque a affronté ses peurs, et s’est lancée en campagne électorale, un an et demi avant l’élection. Presque 78 semaines de campagne, quand on y pense. Le referait-t-elle? Va-t-elle tâter à nouveau l’aventure politique? « Je ne crois pas. On m'a approchée dernièrement pour faire campagne à Jonquière contre Yannick Gagnon, et j'ai refusé. Je trouvais la personne en place très compétente, peu importe le parti. J’appuyais l’homme d’abord, ce qu’il était, et pas nécessairement le parti. La politique, c’est terminé pour moi. Maintenant, on a fait des choix, mon mari et moi. Des choix pour nous, pour la famille aussi. Ces choix nous rendent profondément heureux, puis je ne veux plus passer à côté de ce bonheur-là ».
**À lire vendredi: la nouvelle vie de Christine Basque**
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